PRIVATISATIONS

Proposez une soirée d'exception à vos collaborateurs !

Antoni Gaudí (1852-1926), architecte et créateur de génie, a marqué l’Espagne au tournant du XXe siècle et continue de fasciner de nos jours. Pour la première fois depuis cinquante ans en France, une exposition de grande envergure est consacrée à ce maître de l’Art nouveau.

Bien que son oeuvre soit restée longtemps confidentielle, Eugène Leroy compte parmi les plus grands artistes du XXe siècle. Ce n’est qu’en 1988 qu’eut lieu sa première grande exposition parisienne, dans ce même Musée d’Art Moderne et au sein des mêmes espaces de l’ARC. La production de ce peintre, né à Tourcoing en 1910 et décédé en 2000, s’est développée sur plus de soixante ans en s’appuyant autant sur la sensation du réel que sur une vision idéale de la peinture.

Attaché aux maîtres anciens et volontairement anachronique, Eugène Leroy a revisité tout au long de sa vie les sujets iconographiques traditionnels tels que les nus, les autoportraits, les natures mortes ou les paysages. Au-delà d'une rétrospective, le parcours de l’exposition, organisé par thèmes, met en évidence la complexité d’un long processus de création et de recherche picturale.

Eugène Leroy a longuement mené de front son activité de peintre et une carrière d'enseignant de latin et de grec. Il bénéficie d’une première exposition personnelle en 1937 à Lille et s’impose dès lors comme un artiste « à part ». Il présente ses toiles à Paris en 1943 puis participe, dans les années 1950, à plusieurs éditions du Salon de mai. Il voyage fréquemment en Europe, puis aux États-Unis et en Russie, où il visite les collections des musées, cherchant à confronter sa peinture à celle des grands maîtres et à affiner uneérudition picturale, essentielle à son travail. En 1958, il s'installe dans une petite maison-atelier à Wasquehal, dans le nord de la France.

La galerie parisienne Claude Bernard l’expose en 1961. C’est à cette occasion que le peintre allemand Georg Baselitz et le marchand Michael Werner découvrent son travail. « Je trouvais là des images brunes, écrira Baselitz, comme champ, comme pierre, comme bois, comme mousse, comme senteur. Une simple composition hollandaise avec une accumulation inouïe de couleurs. Un amas de tôles provenant du pigeonnier qui éclairait ma tête. »

En 1977, son fils aîné ouvre à Paris la galerie Jean Leroy où il présente régulièrement le travail de son père. En 1982, Jan Hoet, alors directeur du musée d’Art contemporain de Gand, en Belgique, que Leroy rencontre au cours d’un voyage aux États-Unis, lui consacre une grande exposition et l’invite, en 1992, à la Documenta IX de Cassel.

Parallèlement, une fructueuse collaboration s’installe avec Michael Werner, permettant la reconnaissance européenne et internationale de l’oeuvre d’Eugène Leroy.

Comme le souligne Bernard Marcadé, « la contribution de l'oeuvre d'Eugène Leroy à l'art du XXe siècle est décisive, parce qu'elle porte témoignage d'un combat sans cesse réitéré de la peinture et de l'image ». Au-delà de son empâtement – mais aussi grâce à lui –, cette peinture crée un nouveau langage pictural qui s’ancre profondément dans le réel, sans se soucier de sa lisibilité.


Thibault Durand

Responsable ABC corp.